L'amie des bêtes


" Un oiseau s’envole, II rejette les nues comme un voile inutile, II n’a jamais craint la lumière, Enfermé dans son vol II n’a jamais eu d’ombre. Coquilles des moissons brisées par le soleil. Toutes les feuilles dans les bois disent oui, Elles ne savent dire que oui, Toute question, toute réponse Et la rosée coule au fond de ce oui. Un homme aux yeux légers décrit le ciel d’amour. Il en rassemble les merveilles Comme des feuilles dans un bois, Comme des oiseaux dans leurs ailes Et des hommes dans le sommeil ".

Paul Eluard

Je suis aussi sur : Comme un poisson dans l'Ô, un blog pour rester bien dans sa pÔ ! :D



Donnez-moi vos impressions !
Le Lièvre et la Tortue
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez pointSitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?Repartit l’animal léger.Ma commère, il vous faut purgerAvec quatre grains d’ellébore.- Sage ou non, je parie encore.Ainsi fut fait : et de tous deuxOn mit près du but les enjeux :Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,Ni de quel juge l’on convint.Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteintIl s’éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,Et leur fait arpenter les landes.Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,Pour dormir, et pour écouterD’où vient le vent, il laisse la TortueAller son train de Sénateur.Elle part, elle s’évertue ;Elle se hâte avec lenteur.Lui cependant méprise une telle victoire,Tient la gageure à peu de gloire,Croit qu’il y va de son honneurDe partir tard. Il broute, il se repose,Il s’amuse à toute autre choseQu’à la gageure. A la fin quand il vitQue l’autre touchait presque au bout de la carrière,Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fitFurent vains : la Tortue arriva la première.Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?De quoi vous sert votre vitesse ?Moi, l’emporter ! et que serait-ceSi vous portiez une maison ?
Jean de La Fontaine (1621-1695)
imalikshake:

Turtle on the top by Tambako the Jaguar on Flickr.

Le Lièvre et la Tortue

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l’animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d’ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire,
Ni de quel juge l’on convint.
Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;
J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteint
Il s’éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D’où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s’évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu’il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s’amuse à toute autre chose
Qu’à la gageure. A la fin quand il vit
Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l’emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?

Jean de La Fontaine (1621-1695)

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Turtle on the top by Tambako the Jaguar on Flickr.

Tags :: tortue

Source : imalikshake

La jeune poule et le vieux renard

Une poulette jeune et sans expérience,En trottant, cloquetant, grattant,Se trouva, je ne sais comment,Fort loin du poulailler, berceau de son enfance.Elle s’en aperçut qu’il était déjà tard.Comme elle y retournait, voici qu’un vieux renardA ses yeux troublés se présente.La pauvre poulette tremblanteRecommanda son âme à Dieu.Mais le renard, s’approchant d’elle,Lui dit : hélas ! Mademoiselle,Votre frayeur m’étonne peu ;C’est la faute de mes confrères,Gens de sac et de corde, infâmes ravisseurs,Dont les appétits sanguinairesOnt rempli la terre d’horreurs.Je ne puis les changer, mais du moins je travailleA préserver par mes conseilsL’innocente et faible volailleDes attentats de mes pareils.Je ne me trouve heureux qu’en me rendant utile ;Et j’allais de ce pas jusques dans votre asilePour avertir vos soeurs qu’il court un mauvais bruit,C’est qu’un certain renard méchant autant qu’habileDoit vous attaquer cette nuit.Je viens veiller pour vous. La crédule innocenteVers le poulailler le conduit :A peine est-il dans ce réduit,Qu’il tue, étrangle, égorge, et sa griffe sanglanteEntasse les mourants sur la terre étendus,Comme fit Diomède au quartier de Rhésus.Il croqua tout, grandes, petites,Coqs, poulets et chapons ; tout périt sous ses dents.La pire espèce de méchantsEst celle des vieux hypocrites.

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

llbwwb:


Is it my turn mom (by davy ren2)

La jeune poule et le vieux renard

Une poulette jeune et sans expérience,
En trottant, cloquetant, grattant,
Se trouva, je ne sais comment,
Fort loin du poulailler, berceau de son enfance.
Elle s’en aperçut qu’il était déjà tard.
Comme elle y retournait, voici qu’un vieux renard
A ses yeux troublés se présente.
La pauvre poulette tremblante
Recommanda son âme à Dieu.
Mais le renard, s’approchant d’elle,
Lui dit : hélas ! Mademoiselle,
Votre frayeur m’étonne peu ;
C’est la faute de mes confrères,
Gens de sac et de corde, infâmes ravisseurs,
Dont les appétits sanguinaires
Ont rempli la terre d’horreurs.
Je ne puis les changer, mais du moins je travaille
A préserver par mes conseils
L’innocente et faible volaille
Des attentats de mes pareils.
Je ne me trouve heureux qu’en me rendant utile ;
Et j’allais de ce pas jusques dans votre asile
Pour avertir vos soeurs qu’il court un mauvais bruit,
C’est qu’un certain renard méchant autant qu’habile
Doit vous attaquer cette nuit.
Je viens veiller pour vous. La crédule innocente
Vers le poulailler le conduit :
A peine est-il dans ce réduit,
Qu’il tue, étrangle, égorge, et sa griffe sanglante
Entasse les mourants sur la terre étendus,
Comme fit Diomède au quartier de Rhésus.
Il croqua tout, grandes, petites,
Coqs, poulets et chapons ; tout périt sous ses dents.
La pire espèce de méchants
Est celle des vieux hypocrites.

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

llbwwb:

Is it my turn mom (by davy ren2)

Tags :: renardfoxbébé renard

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2 ans : Maman
3 ans : Maman, je t’aime
10 ans : Maman, n’importe quoi !
18 ans : Je veux partir de cette maison !
25 ans : maman, tu avais raison…
30 ans : Je veux retourner chez maman
50 ans : je ne veux pas perdre ma mère
70 ans : je donnerais n’importe quoi pour que ma mère soit là…
vurtual:

Coupling (by Adam Gibbs)

2 ans : Maman

3 ans : Maman, je t’aime

10 ans : Maman, n’importe quoi !

18 ans : Je veux partir de cette maison !

25 ans : maman, tu avais raison…

30 ans : Je veux retourner chez maman

50 ans : je ne veux pas perdre ma mère

70 ans : je donnerais n’importe quoi pour que ma mère soit là…

vurtual:

Coupling (by Adam Gibbs)

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Le rossignol et le paon
L’aimable et tendre Philomèle,Voyant commencer les beaux jours,Racontait à l’écho fidèleEt ses malheurs et ses amours.Le plus beau paon du voisinage,Maître et sultan de ce canton,Elevant la tête et le ton,Vint interrompre son ramage :C’est bien à toi, chantre ennuyeux,Avec un si triste plumage,Et ce long bec, et ces gros yeux,De vouloir charmer ce bocage !A la beauté seule il va bienD’oser célébrer la tendresse :De quel droit chantes-tu sans cesse ?Moi, qui suis beau, je ne dis rien.Pardon, répondit Philomèle :Il est vrai, je ne suis pas belle ;Et si je chante dans ce bois,Je n’ai de titre que ma voix.Mais vous, dont la noble arroganceM’ordonne de parler plus bas,Vous vous taisez par impuissance,Et n’avez que vos seuls appas.Ils doivent éblouir sans doute ;Est-ce assez pour se faire aimer ?Allez, puisqu’amour n’y voit goutte,C’est l’oreille qu’il faut charmer.
Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

Le rossignol et le paon

L’aimable et tendre Philomèle,
Voyant commencer les beaux jours,
Racontait à l’écho fidèle
Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage,
Maître et sultan de ce canton,
Elevant la tête et le ton,
Vint interrompre son ramage :
C’est bien à toi, chantre ennuyeux,
Avec un si triste plumage,
Et ce long bec, et ces gros yeux,
De vouloir charmer ce bocage !
A la beauté seule il va bien
D’oser célébrer la tendresse :
De quel droit chantes-tu sans cesse ?
Moi, qui suis beau, je ne dis rien.
Pardon, répondit Philomèle :
Il est vrai, je ne suis pas belle ;
Et si je chante dans ce bois,
Je n’ai de titre que ma voix.
Mais vous, dont la noble arrogance
M’ordonne de parler plus bas,
Vous vous taisez par impuissance,
Et n’avez que vos seuls appas.
Ils doivent éblouir sans doute ;
Est-ce assez pour se faire aimer ?
Allez, puisqu’amour n’y voit goutte,
C’est l’oreille qu’il faut charmer.

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

Tags :: Paonpeacock

Source : earth-song

La coquette et l’abeille
Chloé, jeune, jolie, et surtout fort coquette,Tous les matins, en se levant,Se mettait au travail, j’entends à sa toilette ;Et là, souriant, minaudant,Elle disait à son cher confidentLes peines, les plaisirs, les projets de son âme.Une abeille étourdie arrive en bourdonnant.Au secours ! Au secours ! Crie aussitôt la dame :Venez, Lise, Marton, accourez promptement ;Chassez ce monstre ailé. Le monstre insolemmentAux lèvres de Chloé se pose.Chloé s’évanouit, et Marton en fureurSaisit l’abeille et se disposeA l’écraser. Hélas ! Lui dit avec douceurL’insecte malheureux, pardonnez mon erreur ;La bouche de Chloé me semblait une rose,Et j’ai cru… ce seul mot à Chloé rend ses sens.Faisons grâce, dit-elle, à son aveu sincère :D’ailleurs sa piqûre est légère ;Depuis qu’elle te parle, à peine je la sens.Que ne fait-on passer avec un peu d’encens !
Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

<class=”photo-title” id=”title_div”>Bee RosasBy Danny Perez Photography

La coquette et l’abeille

Chloé, jeune, jolie, et surtout fort coquette,
Tous les matins, en se levant,
Se mettait au travail, j’entends à sa toilette ;
Et là, souriant, minaudant,
Elle disait à son cher confident
Les peines, les plaisirs, les projets de son âme.
Une abeille étourdie arrive en bourdonnant.
Au secours ! Au secours ! Crie aussitôt la dame :
Venez, Lise, Marton, accourez promptement ;
Chassez ce monstre ailé. Le monstre insolemment
Aux lèvres de Chloé se pose.
Chloé s’évanouit, et Marton en fureur
Saisit l’abeille et se dispose
A l’écraser. Hélas ! Lui dit avec douceur
L’insecte malheureux, pardonnez mon erreur ;
La bouche de Chloé me semblait une rose,
Et j’ai cru… ce seul mot à Chloé rend ses sens.
Faisons grâce, dit-elle, à son aveu sincère :
D’ailleurs sa piqûre est légère ;
Depuis qu’elle te parle, à peine je la sens.
Que ne fait-on passer avec un peu d’encens !

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

<class=”photo-title” id=”title_div”>Bee Rosas
By Danny Perez Photography

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Source : Flickr / da100fotos

Je vis l&#8217;oiseau qui le soleil contemple
Je vis l&#8217;oiseau qui le soleil contempleD&#8217;un faible vol au ciel s&#8217;aventurer,Et peu à peu ses ailes assurer,Suivant encor le maternel exemple.Je le vis croître, et d&#8217;un voler plus ampleDes plus hauts monts la hauteur mesurer,Percer la nue, et ses ailes tirerJusqu&#8217;au lieu où des dieux est le temple.Là se perdit&#160;: puis soudain je l&#8217;ai vuRouant par l&#8217;air en tourbillon de feu,Tout enflammé sur la plaine descendre.Je vis son corps en poudre tout réduit,Et vis l&#8217;oiseau, qui la lumière fuit,Comme un vermet renaître de sa cendre.
Joachim Du Bellay (1522-1560)
A kingfisher resurfaces after diving into the River Salwarpe, Droitwich Spa, England
Photograph: Sylwia Domaradzka/Barcroft Media

Je vis l’oiseau qui le soleil contemple

Je vis l’oiseau qui le soleil contemple
D’un faible vol au ciel s’aventurer,
Et peu à peu ses ailes assurer,
Suivant encor le maternel exemple.

Je le vis croître, et d’un voler plus ample
Des plus hauts monts la hauteur mesurer,
Percer la nue, et ses ailes tirer
Jusqu’au lieu où des dieux est le temple.

Là se perdit : puis soudain je l’ai vu
Rouant par l’air en tourbillon de feu,
Tout enflammé sur la plaine descendre.

Je vis son corps en poudre tout réduit,
Et vis l’oiseau, qui la lumière fuit,
Comme un vermet renaître de sa cendre.

Joachim Du Bellay (1522-1560)

A kingfisher resurfaces after diving into the River Salwarpe, Droitwich Spa, England

Photograph: Sylwia Domaradzka/Barcroft Media

Tags :: oiseaumartin pêcheurkingfisherbirdbluebirddubellay

La brebis et le chien
La brebis et le chien, de tous les temps amis,Se racontaient un jour leur vie infortunée.Ah&#160;! Disait la brebis, je pleure et je frémisQuand je songe aux malheurs de notre destinée.Toi, l&#8217;esclave de l&#8217;homme, adorant des ingrats,Toujours soumis, tendre et fidèle,Tu reçois, pour prix de ton zèle,Des coups et souvent le trépas.Moi, qui tous les ans les habille,Qui leur donne du lait, et qui fume leurs champs,Je vois chaque matin quelqu&#8217;un de ma familleAssassiné par ces méchants.Leurs confrères les loups dévorent ce qui reste.Victimes de ces inhumains,Travailler pour eux seuls, et mourir par leurs mains,Voilà notre destin funeste&#160;!Il est vrai, dit le chien&#160;: mais crois-tu plus heureuxLes auteurs de notre misère&#160;?Va, ma soeur, il vaut encor mieuxSouffrir le mal que de le faire.
Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)

La brebis et le chien

La brebis et le chien, de tous les temps amis,
Se racontaient un jour leur vie infortunée.
Ah ! Disait la brebis, je pleure et je frémis
Quand je songe aux malheurs de notre destinée.
Toi, l’esclave de l’homme, adorant des ingrats,
Toujours soumis, tendre et fidèle,
Tu reçois, pour prix de ton zèle,
Des coups et souvent le trépas.
Moi, qui tous les ans les habille,
Qui leur donne du lait, et qui fume leurs champs,
Je vois chaque matin quelqu’un de ma famille
Assassiné par ces méchants.
Leurs confrères les loups dévorent ce qui reste.
Victimes de ces inhumains,
Travailler pour eux seuls, et mourir par leurs mains,
Voilà notre destin funeste !
Il est vrai, dit le chien : mais crois-tu plus heureux
Les auteurs de notre misère ?
Va, ma soeur, il vaut encor mieux
Souffrir le mal que de le faire.

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)

Tags :: chiendog


«&#160;Ma mère, à toi je me confie.
Des écueils d&#8217;un monde trompeur
Écarte ma faible nacelle.
Je veux devoir tout mon bonheur 
A la tendresse maternelle.&#160;»
de Alfred de Musset 

Side by side A zebra foal named Maalik stands next to its mother in their enclosure at the zoo in Hanover, Germany, on April 4. The young animal was born on March 9. Peter Steffen / AFP - Getty Images via Animal Tracks

« Ma mère, à toi je me confie.

Des écueils d’un monde trompeur

Écarte ma faible nacelle.

Je veux devoir tout mon bonheur 

A la tendresse maternelle. »

de Alfred de Musset 

Side by side
A zebra foal named Maalik stands next to its mother in their enclosure at the zoo in Hanover, Germany, on April 4. The young animal was born on March 9. Peter Steffen / AFP - Getty Images via Animal Tracks

Tags :: zèbre zebra

Source : magicalnaturetour


«&#160;Chaque année, le rossignol revêt des plumes neuves, mais il garde sa chanson.&#160;»
de Frédéric Mistral

theanimaleffect:

rode saterhoen artis IMG_0143 by j.a.kok on Flickr.

« Chaque année, le rossignol revêt des plumes neuves, mais il garde sa chanson. »

de Frédéric Mistral

theanimaleffect:

rode saterhoen artis IMG_0143 by j.a.kok on Flickr.

Source : theanimaleffect


A l&#8217;enterrement d&#8217;une feuille morteDeux escargots s&#8217;en vont Ils ont la coquille noire Du crêpe autour des cornes Ils s&#8217;en vont dans le soir Un très beau soir d&#8217;automneHélas quand ils arrivent C&#8217;est déjà le printemps Les feuilles qui étaient mortesSont toutes réssucitées Et les deux escargots Sont très désappointés Mais voila le soleil Le soleil qui leur dit Prenez prenez la peine La peine de vous asseoir Prenez un verre de bière Si le coeur vous en dit Prenez si ça vous plaît L&#8217;autocar pour Paris Il partira ce soir Vous verrez du pays Mais ne prenez pas le deuil C&#8217;est moi qui vous le ditÇa noircit le blanc de l&#8217;oeil Et puis ça enlaidit Les histoires de cercueils C&#8217;est triste et pas joli Reprenez vous couleurs Les couleurs de la vie Alors toutes les bêtes Les arbres et les plantes Se mettent a chanter A chanter a tue-tête La vrai chanson vivante La chanson de l&#8217;été Et tout le monde de boire Tout le monde de trinquer C&#8217;est un très joli soir Un joli soir d&#8217;été Et les deux escargots S&#8217;en retournent chez eux Ils s&#8217;en vont très émus Ils s&#8217;en vont très heureux Comme ils ont beaucoup bu Ils titubent un petit peu Mais la haut dans le ciel La lune veille sur eux.

Jacques Prévert 


Urban decay by Hali Sowle

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont 
Ils ont la coquille noire 
Du crêpe autour des cornes 
Ils s’en vont dans le soir 
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent 
C’est déjà le printemps 
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes réssucitées 
Et les deux escargots 
Sont très désappointés 
Mais voila le soleil 
Le soleil qui leur dit 
Prenez prenez la peine 
La peine de vous asseoir 
Prenez un verre de bière 
Si le coeur vous en dit 
Prenez si ça vous plaît 
L’autocar pour Paris 
Il partira ce soir 
Vous verrez du pays 
Mais ne prenez pas le deuil 
C’est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l’oeil 
Et puis ça enlaidit 
Les histoires de cercueils 
C’est triste et pas joli 
Reprenez vous couleurs 
Les couleurs de la vie 
Alors toutes les bêtes 
Les arbres et les plantes 
Se mettent a chanter 
A chanter a tue-tête 
La vrai chanson vivante 
La chanson de l’été 
Et tout le monde de boire 
Tout le monde de trinquer 
C’est un très joli soir 
Un joli soir d’été 
Et les deux escargots 
S’en retournent chez eux 
Ils s’en vont très émus 
Ils s’en vont très heureux 
Comme ils ont beaucoup bu 
Ils titubent un petit peu 
Mais la haut dans le ciel 
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert 

Urban decay by Hali Sowle

Source : 500px.com


«&#160;Le caméléon ne quitte pas un arbre tant qu&#8217;il n&#8217;est pas sûr du suivant.&#160;»
Proverbe arabe

COLORFUL FACE by ~ELKAPL

« Le caméléon ne quitte pas un arbre tant qu’il n’est pas sûr du suivant. »

Proverbe arabe

COLORFUL FACE by ~ELKAPL


Le serpent qui danseQue j&#8217;aime voir, chère indolente,            De ton corps si beau,Comme une étoffe vacillante,            Miroiter la peau&#160;!Sur ta chevelure profonde            Aux âcres parfums,Mer odorante et vagabonde            Aux flots bleus et bruns,Comme un navire qui s&#8217;éveille            Au vent du matin,Mon âme rêveuse appareille            Pour un ciel lointain.Tes yeux où rien ne se révèle            De doux ni d&#8217;amer,Sont deux bijoux froids où se mêlent            L’or avec le fer.A te voir marcher en cadence,            Belle d&#8217;abandon,On dirait un serpent qui danse            Au bout d&#8217;un bâton.Sous le fardeau de ta paresse            Ta tête d&#8217;enfantSe balance avec la mollesse            D’un jeune éléphant,Et ton corps se penche et s&#8217;allonge            Comme un fin vaisseauQui roule bord sur bord et plonge            Ses vergues dans l&#8217;eau.Comme un flot grossi par la fonte            Des glaciers grondants,Quand l&#8217;eau de ta bouche remonte            Au bord de tes dents,Je crois boire un vin de bohême,            Amer et vainqueur,Un ciel liquide qui parsème            D’étoiles mon cœur&#160;!   Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

Le serpent qui danse

Que j’aime voir, chère indolente,
            De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
            Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
            Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
            Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
            Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
            Pour un ciel lointain.

Tes yeux où rien ne se révèle
            De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
            L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
            Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
            Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
            Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
            D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
            Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
            Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
            Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
            Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de bohême,
            Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
            D’étoiles mon cœur !

   Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

Source : gaean


Un Chasseur armé de traits et de flèches qu&#8217;il lançait de tous côtés avec beaucoup d&#8217;adresse, faisait à toute outrance la guerre aux Animaux, qui fuyaient devant un ennemi si redoutable, et qui n&#8217;osaient tenir la campagne. Le Tigre plus fier et plus hardi que les autres, se présenta, et promit de faire tête lui seul à leur ennemi commun. Le Chasseur lança avec raideur une flèche qui atteignit le Tigre. Il se mit à jeter de hauts cris, et à regarder de tous côtés pour reconnaître l&#8217;auteur de sa blessure. Le Renard vint au-devant du Tigre, et lui demanda qui avait eu l&#8217;audace de blesser un animal si fier et si courageux. &#8221; Je ne sais, répondit le Tigre&#160;; mais je sens bien à ma blessure qu&#8217;elle vient d&#8217;un homme qui a beaucoup de force et de vigueur. 
Du tigre et du renard, Esope
“Tiger jumping in snow (panthera tigris)” by Christophe JOBIC

Un Chasseur armé de traits et de flèches qu’il lançait de tous côtés avec beaucoup d’adresse, faisait à toute outrance la guerre aux Animaux, qui fuyaient devant un ennemi si redoutable, et qui n’osaient tenir la campagne. Le Tigre plus fier et plus hardi que les autres, se présenta, et promit de faire tête lui seul à leur ennemi commun. Le Chasseur lança avec raideur une flèche qui atteignit le Tigre. Il se mit à jeter de hauts cris, et à regarder de tous côtés pour reconnaître l’auteur de sa blessure. Le Renard vint au-devant du Tigre, et lui demanda qui avait eu l’audace de blesser un animal si fier et si courageux. ” Je ne sais, répondit le Tigre ; mais je sens bien à ma blessure qu’elle vient d’un homme qui a beaucoup de force et de vigueur. 

Du tigre et du renard, Esope

“Tiger jumping in snow (panthera tigris)” by Christophe JOBIC

Optimiste. Adepte de la doctrine selon laquelle le noir EST le blanc.
Ambrose Bierce

Optimiste. Adepte de la doctrine selon laquelle le noir EST le blanc.

Ambrose Bierce


La coccinelle
Elle me dit&#160;: Quelque choseMe tourmente. Et j&#8217;aperçusSon cou de neige, et, dessus,Un petit insecte rose.J&#8217;aurais dû - mais, sage ou fou,A seize ans on est farouche,Voir le baiser sur sa bouchePlus que l&#8217;insecte à son cou.On eût dit un coquillage&#160;;Dos rose et taché de noir.Les fauvettes pour nous voirSe penchaient dans le feuillage.Sa bouche franche était là&#160;:Je me courbai sur la belle,Et je pris la coccinelle&#160;;Mais le baiser s&#8217;envola.- Fils, apprends comme on me nomme,Dit l&#8217;insecte du ciel bleu,Les bêtes sont au bon Dieu,Mais la bêtise est à l&#8217;homme.

h4ilstorm:

Façon oeuf de Pâques (by Bodow)

La coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J’aurais dû - mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s’envola.

- Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l’insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l’homme.

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Façon oeuf de Pâques (by Bodow)

Source : Flickr / bodow